timbre freinet

 

NOEL Colette née ARBOUR (1926-2013), praticienne Freinet au Québec

Pays

Lieu(x) d'exercice

Beloeil

Personnalité

Notice

Noël Colette

3 juin 1926 – 9 octobre 2013

Issue d’un milieu de professionnels, Colette Noël, née Arbour, est orpheline tôt de ses parents. Elle comprend alors l’importance de l’éducation, à un moment où peu de femmes travaillent hors du foyer. Après avoir obtenu un baccalauréat ès lettres et sciences, elle part en 1948 étudier l’histoire de l’art et l’ethnographie à Paris. En 1952, elle entreprend une licence en pédagogie de la petite enfance à l’Université libre de Lyon. De retour au Québec en 1953, elle termine sa licence à l’Université Laval et ouvre une maternelle dans sa maison à Belœil. Elle devient veuve et élève seule son enfant, André, futur journaliste. Titulaire d’une maîtrise en histoire à l’Université de Montréal en 1954, elle crée peu après la première école active du Québec, inspirée de la pédagogie conçue par le Français Célestin Freinet, auprès de qui elle a fait un stage. Sa méthode, qu’elle adapte au contexte québécois, repose sur les intérêts des enfants et prône leur expression libre, le travail créatif manuel et la coopération. Les élèves sont incités à fabriquer eux-mêmes leurs outils de travail, comme les journaux scolaires. Avant-gardiste, cette expérience contribuera au renouveau pédagogique au Québec, ses orientations et pratiques étant prises en compte par la Commission royale d’enquête sur l’enseignement, instituée en 1961. L’école Noël, qui dure 13 ans, accueille à son apogée 180 élèves et couvre tout le primaire. En 1971, Colette Noël est engagée comme professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal et, en 1974, soutient une thèse de doctorat. Elle s’implique dans le « groupe de la maîtresse d’école » (GME), dont l’objectif est de revoir en profondeur l’enseignement et de se rapprocher de la réalité vécue par les enfants de la classe ouvrière, puis dans le groupe de recherche Pacijou, qui s’intéresse à la culture consommée par les jeunes et dénonce les idées violentes diffusées par les médias. Retraitée de l’université en 1991, Colette Noël, qui ne perd jamais de vue les causes lui tenant à cœur, reste active jusqu’à la fin. Née à Montréal le 3 juin 1926, elle est décédée à Sainte-Agathe-des-Monts le 9 octobre 2013.

site  https://www.memoria.ca/grand-disparu/noel-colette/

Note complémentaire

S (M) : "Belle pomme rouge", 3e année scolaire en 1960-1961, 4 numéros archivés au Munaé de février 1961 à juin 1961. Après un stage au Pioulier, elle fut   fondatrice à Beloeil de la première "école Freinet" au Québec en 1955 qui portera ensuite le nom "École Noël". Marc Audet in "La pédagogie Freinet au Québec", Le Nouvel Éducateur n°126, février 2001, parle d'elle comme étant la toute première praticienne Freinet au Québec : "Avant les années 60, [la pédagogie Freinet] était le fait de très peu de personnes, notamment à l'école Noël de Beloeil ; le milieu scolaire était en effet très fermé à cette époque, replié sur lui-même. Le ministère de l'Éducation du Québec songeant à y provoquer des changements, on a fait venir des militants du mouvement français afin d'animer des ateliers d'été et de mettre en route des pratiques plus ouvertes dans les classes des participants". Colette Noël participa en mars 1961 au deuxième multiplex organisé par Pierre Guérin (Éd n°12-13 mars 1961). Elle fut également à l'origine de la BT sonore n° 830 mai 1967 : "Au Québec, nous...de Beloeil". Après la fermeture de son école liée à des difficultés financières, Colette Noël fut nommée professeure à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal. Elle y enseigna jusqu'à sa retraite en 1991. Un site québécois remémore sa vie : https://www.lapresse.ca/actualites/passages/201310/21/01-4701772-colette-noel-1926-2013-la-pedagogu… ainsi que : https://lautjournal.info/20131022/colette-no%C3%ABl-ma%C3%AEtresse-d%E2%80%99%C3%A9cole-1926-2013