timbre freinet

 

Claude CAHEN (1909-1991) et Pauline OLIVIER-CAHEN (1919-1992)

Département

Lieu(x) d'exercice

Dannemoine, Paris

Notice

  • 5 exemplaires du journal scolaire Petit Bavard (petite classe de Dannemoine (89) de janvier à  mai 1948.

Article wikipedia  sur Claude Cahen :

Il entre à l'École normale supérieure (rue d'Ulm), puis étudie à l'École nationale des langues orientales. Il est agrégé d'histoire et de géographie en 1932. Après un court passage au lycée d'Amiens en 1933, il est détaché à la Fondation Thiers de 1933 à 1936), puis il part en Turquie des 1936 à 1939. Il adhère au Parti communiste, illégal en 1939, se définissant en tant qu'historien, scientifique, qui utilise la méthodologie du matérialisme dialectique. De 1938 à 1940, il est chargé de cours à l'École des langues orientales et professeur au lycée de Rouen. Il devient docteur en Lettres en 1940.

Mobilisé le 15 avril 1940, il est fait prisonnier de guerre, échappant ainsi à la déportation. Libéré au printemps 1945, il est démobilisé le 9 juin 1945.

Il est nommé professeur le 1er octobre 1945, maître de conférences à l'université de Strasbourg, puis professeur des universités en 1948.

Dans les années 1950, il s'engage dans un débat virulent pour la défense de la pédagogie Freinet, qui subissait alors les attaques du Parti communiste. Pauline Cahen, son épouse, était institutrice, adepte de la méthode Freinet, et Célestin Freinet était à cette époque membre du Parti communiste.

Il quitte l'université de Strasbourg en 1959 lors de sa nomination comme professeur à la Sorbonne et, de 1970 à 1979, il choisit comme rattachement principal l'université Paris-I, où enseignent ses pairs historiens que sont Fossier, Goubert, Toubert, Person, Devisse etc.), et non pas l'Université Paris III.

Claude Cahen ne reprend pas sa carte du Parti communiste en 1960, lors de son arrivée à Paris. Sur le tard, sa vue ayant fortement baissé, il est contraint de ne plus participer aux colloques et des tables rondes où il était invité en tant que spécialiste du monde islamique ou de l'histoire médiévale, thèmes qui lui tenaient pourtant particulièrement à cœur. Aveugle, presque sourd, immobilisé, mais l'esprit toujours aussi vif, Claude Cahen s'éteint le 18 novembre 1991. Son épouse le suit treize mois plus tard.

Défenseur d'une conception très exigeante de la science, très réservé par rapport à tout ce qui ressemblait à un événement mondain, Claude Cahen n'a droit dans le journal Le Monde, à son décès, sous la plume de Maxime Rodinson, qu'à deux petites colonnes placées à la rubrique "Carnet", sans qu'une seule ligne ne soit placée aux informations scientifiques. Maxime Rodinson écrivit alors : « Un très grand savant français, reconnu comme maître par tous ses pairs à l'étranger, vient de disparaître. Il est peu connu du grand public. C'est le prix payé pour son mépris de la facilité. »

En 1967, Claude Cahen est professeur étranger invité à l'Université d'Ann Arbor (Michigan). Il reçoit, en 1945, le prix Schlumberger décerné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, à laquelle il est élu en 1973. Il est Chevalier de la Légion d'honneur.

Ce n'est pas en tant que militant politique que Claude Cahen adhère au Parti communiste, on le voit dans un article publié dans les Annales, où il écrit : « Le matérialisme marxiste est un matérialisme scientifique, c'est-à-dire que pour atteindre un but qui est le développement de l'homme, il se pose la question de la méthode qui doit permettre de se rapprocher réellement de ce but, et constate que cette méthode, dans la connaissance comme dans l'action, doit prendre appui sur la matière. »

C'est dans le soutien à la pédagogie Freinet (Célestin Freinet avait rejoint le maquis du Briançonnais dont il était devenu le principal chef) que Claude Cahen prend, pour la première fois, publiquement position au sein du Parti communiste : il s'oppose sur ce sujet à Georges Snyders, qui condamne toute la "pédagogie moderne", à Roger Garaudy et à Georges Cogniot. Étant donné l'ampleur du débat, la revue la "Nouvelle critique" accepte de publier, parmi quelques contributions d'instituteurs communistes membres du mouvement Freinet, une longue lettre signée P. Cahen (il s'agit de Pauline Cahen). Après trois ans d'attaques contre lui, Freinet ne reprit pas sa carte, ce qui ne stoppa pas les attaques d'Étienne Fajon contre lui (et, au passage, contre "Mme Cahen de Strasbourg").

Au début de 1956, à propos de l'affaire Pierre Hervé, Claude Cahen commence à ressentir l'impression qu'on ne répond pas aux arguments de l'accusé et qu'il existe une « impossibilité à se faire entendre, notamment à cause des fonctionnaires de l'appareil ».

Au sein du Parti communiste, Claude Cahen participe en 1957 au "Groupe de travail des historiens communistes", puis à des actions et à divers mouvements intellectuels ( Cellule Sorbonne-Lettres et "Voies Nouvelles"), il rédige un texte intitulé "L'intellectuel et la solidarité de Parti".

Ayant quitté le Parti communiste, il signe, en 1963, l'appel du bulletin oppositionnel Unir-Débat pour la réhabilitation d'André Marty.

Il éprouve une réelle sympathie pour le groupe de réflexion intellectuelle Socialisme et Barbarie, animé par Cornelius Castoriadis (actif de 1949 à 1967).

Il participe au GRAPP (Groupe de recherche pour le règlement du problème palestinien), créé par Maxime Rodinson et Jacques Berque (Paris 1967–1973).

Il signe un appel attirant l'attention sur les dégâts scientifiques de la guerre d'Irak puis condamne, par avance, l'opération médiatisée "Tempête du désert" :

« Nous voici donc devant la sale guerre où nous ont entraîné les Américains, derrière le voile verbal des Nations unies. Par orgueil, ils se sont trompés et nous ont trompé. […] Ce qui, par contre, est certain est que nous aurons perdu pour longtemps l'amitié des peuples arabes auxquels nous liaient tant d'intérêts scientifiques et culturels […] »

Il signe en 1991 une pétition pour la libération de l'Israélien Michel Warschawski, dirigeant du « Comité d'information sur la Palestine », qui venait d'être arrêté en Israël.

 Sources